Qui
est Menajet ?
Rarement une Compagnie Aérienne "low-cost" aura
autant fait parler d'elle avant même que son premier
avion n' assure sa première liaison régulière. Après Air Arabia qui dessert déjà l'aire
régionale* à partir de Sharjah aux Emirats,
c'est finalement à partir de Beyrouth que Menajet
a décidé de localiser son quartier général
et d'organiser l'ensemble de ses opérations.
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les tarifs les plus bas des vols Low Cost
La compagnie MenaJet
est adossée au fond d'investissement
Gulf Finance House basé à Bahrein et au
groupe industriel saoudien Al Zamil. Son capital de 50
millions de Dollars lui confère la solidité financière
requise pour prendre tout à fait au sérieux
ce projet, dans un secteur ou elle se revèle souvent
le maillon faible à long terme. Même
si le démarrage de ses services a été quelque
peu différé, l'ambition de Menajet est
de s'affirmer rapidement comme un acteur original et
incontournable du secteur du transport aérien
low-cost. En témoigne l'embauche dès l'Automne 2003
de Mr Keith McMann, en provenance directe du 1er acteur
européen EasyJet après un début
de carrière à la British Airways et à la
BAA, autorité de régulation du transport
aérien en Grande-Bretagne.Ce dernier est en charge
de peaufiner la stratégie et l'offre globale de
la compagnie.On sait d'ores et déjà que
la politique en matière de prix sera de se situer
entre 50 et 60% moins cher que les compagnies habituelles...
Le marché prioritaire de la nouvelle
compagnie sera bien sûr celui du Golfe et du
Moyen-Orient mais il n'est pas exclu que Menajet ne
vienne troubler
assez rapidement le quasi-monopole du pool MEA-Air-France. Il se murmure avec insistance que le staff de MenaJet**
travaille assidument aux dessertes de Paris et Barcelone à partir
de Beyrouth.Voilà qui serait une vraie révolution
pour les habitudes des libanais résidents en France
et Europe et qui promet une vive concurrence pour les
compagnies établies.La place de Beyrouth pourra
alors démontrer si elle est vraiment prête à assumer
son rôle et sa place naturelle dans l'ouverture
et la libéralisation du traffic aérien
dans la région.
Il est déjà bien réconfortant de
constater que les dirigeants de MenaJet aient parié sur
Beyrouth pour contribuer à la réalisation
de cet enjeu.
Gageons que tous les acteurs sauront donc jouer le
jeu pour aider cette initiative et ainsi replacer Beyrouth
sur orbite et confirmer sa position de plaque tournante
du traffic aérien régional et euro-arabe.
Il ne reste plus donc qu'à voir au plus vite-dès
le début de l'été 2004?-décoller
de l'AIB les premiers Airbus de MenaJet et pourquoi pas
commencer à rêver de nos premiers Aller-Retour
Beyrouth-Paris-Beyrouth pour 200 Euros ou 250 $...
JM Druart-LibanVision
* Air Arabia assure déjà des liaisons
vers Sharjah à partir de Beyrouth mais aussi à partir
des Emirats vers Damas, Koweit, Bahrain, Muscat et
l'Iran versles villes de Téhéran, Ispahan
et Shiraz.
** Le CEO de Menajet est le Capitaine Riad Mikaoui
et son COO, Commercial Operation Officer, Mr Mazen
Hajjar
Stratégie d’entreprise Menajet à la
frontière entre low cost et charter
Par Charif
KOJOK
02 Mars 2005- Menajet est entrée en piste,
mais pas du côté où on l’attendait.
La nouvelle compagnie aérienne, créée
selon le modèle des low cost, n’a finalement été autorisée
qu’à pratiquer des vols charters. Menajet
est soumise à une loi élaborée
en 1992 dans le but de protéger les intérêts
de la Middle East Airlines (MEA) et qui empêche
jusqu’en 2012 toute création au Liban
d’un autre transporteur aérien pour les
lignes régulières. De plus, Menajet ne
dispose pas du droit de faire de la publicité pour
ses vols ou de vendre ses billets directement aux particuliers.
Les autorisations de vols qui lui sont délivrées
sont temporaires, sans garantie de prorogation, et
s’appliquent uniquement à des destinations
non desservies par la MEA, donc a priori non rentables
ou peu fréquentées.
Une dépendance aux tour-opérateurs
Un changement
de cap à 180 degrés pour
la nouvelle compagnie aérienne qui se retrouve
aujourd’hui à proposer des services de
taxi volant aux tour-opérateurs. Des vols sont
actuellement organisés pour le compte des voyagistes
libanais Nakhal et allemand TAJ. Ces derniers prennent
en charge l’affrètement de l’avion,
déterminent les périodes et les dates
de vols, choisissent les destinations à desservir, élaborent
les prestations à offrir à bord (repas,
boissons), se rémunèrent sur la vente
des billets qu’ils commercialisent et associent
au vol d’autres prestations obligatoires pour
le voyageur (hébergement sur place, circuits
touristiques…). Il n’est pas évident
dans de telles conditions d’apparaître
comme le moins cher du marché pour Menajet dont
le business-plan prévoyait la commercialisation
de vols « secs » sans prestations ajoutées,
et sans passer par l’intermédiaire des
agences de voyages.
Des coûts d’exploitation réduits
Commencer ses opérations avec une
licence charter permet toutefois à Menajet de
s’immiscer
en douceur sur le marché du transport aérien à bas
tarif, d’en comprendre ses spécificités
et de peaufiner au mieux sa stratégie pour le
futur. « L’activité charter n’est
rentable que six mois de l’année, d’avril à octobre,
quand la demande est forte, les avions pleins, et que
les clients acceptent de payer le surplus imposé par
les tour-opérateurs. En dehors de cette période,
l’idéal serait de pouvoir proposer des
offres low cost, quand les départs sont moins
nombreux et que les clients sont plus regardants sur
les prix », admet Riad Mikaoui, PDG de la compagnie,
qui continue donc à lutter pour l’obtention
d’une licence de compagnie régulière.
En attendant, Menajet, même avec un taux de remplissage
limité à 30 %, affirme être déjà compétitif
sur les prix grâce à sa politique de coûts
réduits. Avion sans classe affaires et loué pour éviter
d’immobiliser du capital, repas offerts uniquement
sur les vols long-courriers, recours systématique à la
sous-traitance pour limiter les frais fixes, personnel
réduit au strict minimum et rémunéré en
partie à l’heure de vol : la compagnie
aérienne applique déjà les recettes
qui ont fait des compagnies à bas tarifs les
champions de la flexibilité et de la compétitivité.
Objectifs :éviter
une dégradation de la situation financière
et être prêt à se lancer véritablement
dans la guerre des prix lorsque le Liban acceptera
d’appliquer sa politique de ciel ouvert à tous.
Y compris aux compagnies locales privées.
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