Outsourcing : Schneider Electric
externalisera son informatique dès janvier
2005 pour réaliser
80 millions d’euros d’économies
29.11.04 - Opposés aux conditions
de l’outsourcing
de leur service vers Capgemini, 250 informaticiens
du groupe Schneider Electric à Grenoble
ont décidé de continuer leur
grève entamée le 15 novembre
dernier. Rappelons que ce contrat d’une
valeur 1,6 milliard d'euros et d’une
durée de dix ans doit débuter
dès janvier 2005. Selon l’intersyndical
grâce à cette opération
Schneider Electric devrait engendrer 80 millions
d'euros d'économies. Les grévistes
demandent des compensations financières
en dédommagement de leur nouveau statut
jugé moins avantageux que chez Schneider.
Ils réclament également des garanties
pour le personnel touché par un L 122.12
afin que ces derniers ne puissent pas être
licenciés ou contraints à de
la mobilité au moins sur les 4 ans à venir.
Par ailleurs, l'intersyndical a demandé en
vain que les salariés de plus de 55
ans ne soient pas externalisable. Enfin, la
CFDT souligne dans un communiqué les « véritables
raisons » et les risques de ce projet
d’externalisation.
P. LDL
Communiqué de la CFDT
Schneider
EXTERNALISATION DE L'INFORMATIQUE
RETABLISSONS LA VERITE
Les salariés de l'informatique Schneider
sont en grève totale avec occupation
depuis lundi 15 novembre 2004 pour obtenir
des conditions de départ équitables
avant d'être externalisés chez
Capgemini. La direction s'emploie, par l'intermédiaire
de la hiérarchie, à faire passer
son message de justification de sa décision
sur l'ensemble des établissements de
Schneider France. Pour les Organisations Syndicales
il est nécessaire de rétablir
certaines vérités en reprenant
quelques uns des points évoqués
dans le document que vos responsables hiérarchiques
ont dû commenter.
Point sur le niveau de service de l'informatique
La direction détaille les principales
applications qui sont ou non opérationnelles
sans préciser les raisons des dysfonctionnements
actuels. Aucune action malveillante de notre
part n'a été effectuée.
Les dysfonctionnements constatés sont
essentiellement dus à la non-maintenance
des systèmes d'informations. Par contre,
la direction a fait isoler les réseaux
d'Europole 2 depuis le début de la semaine
dernière.
Point sur les raisons du projet
Il est fait référence au grand
nombre d'outils informatiques en service
et à la rationalisation des infrastructures,
enjeu Business à l'échelle
de lEurope. L'informatique n'étant
pas le métier de Schneider, la direction
s'adresse donc à un spécialiste,
Capgemini en l'occurrence.
Pour les Organisations Syndicales, la vraie
raison évoquée à plusieurs
reprises par la direction est une motivation
financière qui consiste à réduire
de 35 à 40% le budget consacré à l'informatique
pour le ramener à 2,5% du CA. Nous
estimons que l'informatique est un élément
capital du fonctionnement d'une entreprise
et que les dirigeants de Schneider font une
nouvelle erreur en se séparant de
cette activité, Une stratégie
de vente par appartement qui risque fort
de concerner rapidement d'autres secteurs
de l'entreprise (comptabilité, marketing,
logistique, gestion, achats, ... ).
Point sur le choix de Capgemini
Aux dires de la direction, Capgemini est
la meilleure offre en terme d'applicatifs,
de continuité de services et de coûts.
Sur son engagement social, la confiance mutuelle
des deux sociétés, sa très
forte présence en Europe et sa volonté de
se développer dans le créneau
de la sous-traitance informatique sont présentés
comme des atouts forts,
Que s'est-il passé pour qu'en juin
2003, la meilleure offre déclarée
par Schneider était celle de la société américaine
Accenture et qu'aujourd'hui on nous dise
que c'est Capgemini ?. Peut-être les
changements intervenus à la tête
de l'exécutif Schneider ou les liens
d'amitié entre les deux PDG A ce jour,
l'infogérance informatique (Outsourcing)
n'est pas le métier principal de Capgemini,
sa situation financière est catastrophique.
Dans le rapport annuel des actionnaires on
découvre que plus de 10 000 licenciements
ou départs ont été réalisés
pour les années 2002 et 2003. Dans
la presse de ces derniers j'ours, on apprend
que de nouveaux plans sociaux sont en préparation.
Que dissimule le contrat commercial entre
Schneider et Capgemini signé le 5
novembre 2004 que la direction refuse de
nous communiquer ?, Afin de l'obtenir, nous
l'assignons en justice ce mercredi 24 novembre
2004 (à 9 heures au tribunal de Grenoble)
Point sur la démarche sociale suivie
par Schneider
La Direction fait valoir sa volonté de
dialogue et son engagement pour aboutir à un
accord social équitable entre les
parties.
Le résultat des discussions engagées
depuis septembre entre la direction et les
Organisation Syndicales démontrent
qu'il n'y a pas de-volonté d'équité dans
ce dossier. Les propositions faites sont
largement en dessous des acquis sociaux actuels
et explique ce mouvement de grève
et la détermination des salariés
de l'informatique.
Point sur les engagements et propositions
de Schneider
La Direction prétend que sur la durée
totale du contrat (10 ans), la charge de
travail confiée à Capgemini
est équivalente à l'ensemble
des salariés transférés.
La direction oublie de préciser que
la charge actuelle de travail est assurée
par 1350 personnes, prestataires compris.
Au terme d'une période de transformation
du système d'information (4 ans) cette
charge devrait fortement diminuer et mobiliser
800 personnes au maximum. Ceci explique que
la seule garantie obtenue aujourd'hui est
qu'il n'y aura aucun licenciement ni mobilité pendant
1 an.
Point sur l'employabilité
La Direction propose un fonds d'intégration
et de reconversion d'un montant de 5 millions
d'Euros pour la France. Capgemini refuse
de mettre en place une commission de contrôle
avec les Organisations Syndicales : comment
les salariés pourront-ils s'assurer
que ces fonds seront utilisés dans
leur intérêt ?
Point sur les statuts
La Direction indique qu'elle a analysé les
statuts de Schneider SEI SAS et filiales
et fait des propositions concrètes
qui répondent à l'exigence
d'équivalence globale avec ceux de
Capgemini. Si, effectivement, certains points
peuvent être considérés
comme traités, d'autres, très
importants pour les salariés sont
abordés à la baisse ou carrément
oubliés. Voici quelques exemples issus
du cahier de revendications des salariés
: l'intégration de la part variable
et les Indemnités de Départ à la
Retraite pour les salariés des filiales,
les Congés de Fin de Carrière,
le traitement d'éléments du
revenu inexistants chez Capgemini tels que
l'abondement, l'intéressement, les
augmentations générales annuelles
... )
POUR DE REELLES NEGOCIATIONS
Au cours de l'assemblée générale
du 22 novembre, les salariés en grève
ont validé les revendications principales
qu'ils souhaitent voir aboutir. Sur proposition
des Organisations Syndicales, ils ont décidé de
suspendre provisoirement l'occupation du
site d'Europole 2 à Grenoble afin
que les négociations puissent commencer
le mardi 23. Ils restent en grève
et
mobilisés jusqu'à l'obtention
de leurs revendications.