Immobilier ; Prix : - 5 % dans l’ancien en 2008, stables dans le neuf
"Nous tablions jusqu’à présent sur un freinage en douceur de
l’immobilier en France et une stabilisation du marché (prix et vo
lumes de ventes) d’ici quelques trimestres.
La crise financière de l’été 2007 change la donne, mais ne modifie pas radicalement le scénario. Les prix des logements devraient être en léger repli dans l’ancien en 2008, de l’ordre de
- 5 % sur un an, et stables dans le neuf. Ceci ne serait pas
l’amorce d’une baisse durable et sensible, mais d’une stabilisation du marché.
Après les turbulences des marchés observées cet été, notre scénario
central table sur un relatif retour au calme d’ici la fin 2007. Un resserrement du crédit habitat d’ampleur limitée se met en place. Les
banques devraient être plus sélectives (mais elles le sont déjà) et
continuer à relever leur taux de crédit, mais modérément. La
concurrence reste très vive, les tensions récentes sur les taux courts
devraient s’atténuer et les taux longs resteraient assez modérés.
En sens inverse, les récentes mesures de déductibilité des intérêts
d’emprunts immobiliers pour les nouveaux acheteurs et
d’allègement des droits de donation contribueront à soutenir la
demande et compenseront en partie la hausse des taux de crédit.
Plus fondamentalement, le cycle actuel n’est pas comparable à la
bulle spéculative qui s’était formée en Ile de France entre 1985
et 1991, ni aux cycles à l’œuvre actuellement aux Etats-Unis, au
Royaume-Uni et en Espagne, beaucoup plus risqués.
Les prix sont devenus très élevés (en hausse de 135 % depuis
1996) mais le marché français est relativement « raisonnable » :
- les prix ne sont pas clairement surévalués ;
- la politique d’octroi de crédit est prudente ;
- la demande de logements est raisonnable et structurelle ;
- l’offre de logements reste insuffisante.
Ceci a conduit à un freinage en douceur du marché depuis deux
ans. Les prix vont se stabiliser ou baisser légèrement. Mais,
comme la demande reste structurellement forte, que les prix ne
sont guère surévalués, que l’offre reste limitée et que les niveaux
de stocks demeurent soutenables, les prix et les ventes ne de-
vraient pas, sauf choc externe majeur, se corriger fortement.
Au total, la crise financière devrait renforcer le freinage en cours,
sans l’aggraver fortement."
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source : Olivier ELUERE - Direction des études économiques du Crédit Agricole
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