Délocalisations
sauvages
: Les syndicats veulent
modifier la législation pour
porter plainte contre les
patrons voyous 06.12.04 -
André Chassaigne,
Député(e)
du Puy-de-Dôme (groupe Communistes et
Républicains) a interpellé le
garde des sceaux le 23 novembre dernier de
la nécessité de modifier la loi
afin que les comités d’entreprises
ou les syndicats puissent se porter civile
contre les patrons voyous en ces termes « Dans
le cas où une délocalisation
d'activité conduirait l'entreprise à être
l'objet d'une procédure de redressement
judiciaire ou de liquidation judiciaire, des
condamnations au chef de banqueroute (art.
L. 626-2-D° du code de commerce) sont susceptibles
d'être prononcées à l'encontre
des dirigeants de droit ou de fait ayant ainsi
détourné l'actif de l'entreprise
délocalisée, par des cessions
d'actifs dépourvues de toute contrepartie
(Cass. crim., 3 octobre 1996). Le comité d'entreprise,
et le représentant syndical, peuvent être
les premiers à constater les transferts
d'actifs et abus de biens sociaux susceptibles
de se produire dans une entreprise, particulièrement
quand il s'agit de groupes financiers. Cependant,
faute d'atteinte à l'intérêt
collectif de la profession, la constitution
de partie civile d'un syndicat dans une procédure
ouverte, sur sa plainte, du chef des délits
d'abus de biens sociaux, abus de confiance,
escroqueries, recel, présentation de
comptes inexacts, distribution de dividendes
fictifs, trafic d'influence, est déclarée
irrecevable. En effet, selon l'article 2 du
code de procédure pénale, l'action
civile est ouverte aux personnes qui ont « personnellement
souffert du dommage directement causé par
l'infraction ». Ce texte est interprété de
manière stricte par la chambre criminelle
de la Cour de cassation qui, à plusieurs
reprises et par une jurisprudence constante,
rappelle que les syndicats ou les comités
d'entreprise ne justifient, pour les infractions
commises au préjudice d'une entreprise,
d'aucun préjudice directement lié à l'infraction.
C'est pourquoi M. André Chassaigne demande à M.
le garde des sceaux, ministre de la justice,
dans quelle mesure il est prêt à faire évoluer
la législation. ». A suivre…
P. LdL
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