ARCELOR-MITTAL Les conclusions de l’étude
Syndex et l’analyse de la FGMM-CFDT
Paris le, 19 JUIN 2006
A la demande
de la fédération
métallurgie
FGMM-CFDT, le cabinet Syndex vient
d¹effectuer
une enquête sur les mérites
comparés de Mittal et Arcelor, en
matière économique
et sociale. Cette étude
met en lumière deux modèles
industriels : celui de Mittal, engagé sur une
croissance extensive multi-produit qui
fait très peu appel à la recherche, et
celui d’Arcelor axé sur la recherche et
sur des produits à haute
valeur ajoutée. Cette étude
souligne des différences
de comportement en matière de
responsabilité sociale.
Après une reprise,
Mittal a l’habitude de prendre des
engagements industriels et sociaux sur 5 à 10
ans, différents selon les entreprises et
les pays. Arcelor développe une politique de
dialogue constante : administrateurs
salariés,
comité d’entreprise européen
négocié, groupes de travail sociaux,
informations et consultation des partenaires sociaux.
Ce document constate aussi
des positions inverses sur les politiques environnementales.
Autant les accords de Kyoto
sont craints chez Mittal, autant ils sont intégrés
et valorisés
chez Arcelor. Selon Syndex, les gains de productivité issus
d’une union de deux groupes seraient
en l’état bien modestes ! La stratégie
de cette union resterait à définir.
Elle est largement indéterminée
chez Mittal, plus cohérente chez Arcelor.
La FGMM-CFDT estime que « laisser
un tel groupe entre les seules mains d’un actionnariat
familial, ou à l’inverse
d’actionnaires multiples,
uniquement tournés vers le profit immédiat
est incompatible avec
un développement durable du
secteur sidérurgique. Il est donc nécessaire
de se doter de nouveaux moyens de régulation.
La phase de concentration
du secteur n’en est qu¹à ses
débuts, pour la FGMM-CFDT, il est essentiel
que cette évolution s’accompagne
de la mise en place d’instances de concertation,
de négociations et consultations
qui permettent de réguler tant au niveau
mondial, national que local, les décisions
stratégiques prises par les dirigeants ainsi que leurs impacts sur les salariés
et les territoires concernés ».
Vous
trouverez ci-après un résumé plus
développé de cette étude.
ETUDE FGMM-CFDT SUR MITTAL STEEL ET ARCELOR
Dans le cadre
de l'OPE de Mittal Steel sur Arcelor, la FGMM-CFDT
a mandaté le cabinet Syndex
pour une étude concernant les deux groupes
sur les sujets suivants :
- les décisions d'investissements industriels,
de recherche et développement et de
formation,
- la participation des représentants du personnel
dans les processus de décision,
- la prise en compte des économies régionales
dépendantes des activités
sidérurgiques,
- la gestion des enjeux environnementaux dans
lesquels la sidérurgie se doit d'être
partie prenante,
ces thèmes constituant les enjeux majeurs en
terme de gouvernance et de responsabilité sociale
de tout groupe industriel de dimension internationale.
L'alternative
Severstal est apparue dans les dernières
semaines de cette étude, il en est donc tenu
compte. Pour réaliser
cette étude, Syndex a reçu
un accueil positif de la part d'Arcelor et
a pu rencontrer les
interlocuteurs souhaités sur
les différents points de la mission
; du côté de Mittal, il n'en a pas été de même.
DEUX MODELES INDUSTRIELS DIFFERENTS
- Si les deux groupes ont chacun une stratégie
pour être une entreprise de taille
mondiale, les concepts qui les guident sont
fondamentalement différents :
- Mittal Steel est engagé dans une croissance
extensive multi-produit avec une stratégie
d'intégration verticale, allant des mines aux
unités de production, et adaptée
aux pays en croissance rapide.
Arcelor est
d'abord dans une mondialisation axée
sur les produits à haute valeur
ajoutée, comme
l’automobile, le bâtiment,
l’emballage,
avec une politique privilégiant
les unités
de transformation,
les centres de services ainsi que la R&D,
et adaptée aux pays développés, l'acquisition
de Dofasco en constitue le dernier exemple. De
ces stratégies différentes,
il résulte
des options d'investissements très
différentes
aussi. Mittal est
quasiment absent de la recherche produits,
cela se mesure au nombre de ses chercheurs (10 fois moins qu'Arcelor) et
au budget consacré.
ENGAGEMENT EN MATIERE DE RESPONSABILITE
SOCIALE
MITTAL STEEL
Lorsque Mittal reprend une société, il
prend des engagements industriels et
sociaux sur des périodes
de 5 à 10 ans, il en résulte
une politique fragmentée, liée
avant tout aux spécificités nationales
voire locales; les organisations syndicales
jouent dans ce cadre leur
rôle de contrepouvoir et
dans certains pays elles sont parties
prenantes des décisions dans la
limite de la période sous surveillance
qui suit la cession. Les formes institutionnelles
prises par le dialogue
social sont variées suivant les
pays, elles vont de la participation
au conseil d'administration, à la
mise en place de commissions tripartites
ou encore à la création
d'un comité de
groupe européen. Sur ce point,
la politique du groupe relève
avant tout du
Fédération Générale des pragmatisme,
tant à l'égard
des pouvoirs publics que des partenaires sociaux;
Mittal ne
construit pas son image sur ces aspects.
ARCELOR
Un engagement affirmé en matière sociale
par l'anticipation de la directive
européenne
sur la société européenne,
avec la mise en place d'un comité d'entreprise
européen
négocié avec la FEM
(Fédération Européenne
de la Métallurgie) et d’administrateurs
salariés.
Ainsi, les partenaires
sociaux sont informés et consultés
en amont, des décisions relatives
aux fermetures
et restructurations, ce qui au-delà de
l'aspect négatif de ces annonces,
permet l'anticipation
et évite les
drames humains. Toutefois, il faut
souligner que les contre propositions
des organisations syndicales sont
rarement prises en compte. Le
comité d'entreprise européen
s'est doté de groupes de travail
chargés
de proposer les meilleures
pratiques dans les domaines de la
formation professionnelle,
la sécurité, l'environnement,
les évolutions industrielles
et leurs conséquences. Le
14 septembre 2005, le groupe Arcelor
a signé avec
la FIOM et la FEM un accord sur le dialogue social mondial qui intègre l'ensemble
des sociétés du groupe. Après
avoir adhéré au
Pacte Mondial des Nations Unies (Global
Compact), Arcelor est admis au Dow
Jones
Sustainable Index.
RESPONSABILITE ENVIRONNEMENTALE
Pour Mittal Steel, la réglementation environnementale
et la mise en oeuvre des accords
de Kyoto représentent un
risque financier.
Soumis aux mêmes contraintes,
Arcelor fait du respect des normes
un instrument de communication
destiné à renforcer
son image d'entreprise responsable,
impliquée
dans le développement
durable.
AVANTAGES SUPPOSES DE L'OPE ET
COMPARAISONS DES DEUX PROJETS
La consolidation du secteur sidérurgique est
un argument partagé par
l'ensemble des acteurs, toutefois,
les gains générés
par les synergies apparaissent
bien modestes! La stratégie
resteà définir,
le seul élément
concret reste l'application du
plan stratégique
d'Arcelor avec comme bémol de reconsidérer avec soin le plan
et la date de fermeture de la filière à chaud
de Liège.
Il est certain que dans ces conditions
tout reste à définir
et à construire.
- Le projet porté par Mittal apparaît
largement indéterminé du
fait de la méthode
de croissance de ce groupe et des périodes de transition incontournables
qu’il connaît dans
nombre de pays ;
- Le projet Arcelor/Servestal
semble plus intégré sur
le plan stratégique
et plus cohérent
sur le plan
industriel. Toutefois ces deux
projets quoiqu’en
disent les deux protagonistes
reposent sur des actionnaires
dont les
logiques patrimoniales (familiales)
sont évidentes,
il y a donc des risques de dérives.
QUEL NOUVEAU MODELE INDUSTRIEL
?
Les opérations actuelles dessinent le nouveau
modèle industriel
du XXI e siècle, ce
modèle est
transnational, mais avant
tout financier, et ce n’est
pas l’alliance
avec Mr Mordashov qui peut
nous rassurer. Laisser un
tel groupe entre les seules
mains
d’un
actionnariat familial, ouà Fédération Générale des
Mines et de la Métallurgie
- CFDT 4
l’inverse d’actionnaires multiples, uniquement
tournés vers le profit
immédiat
est incompatible
avec un développement
durable du secteur sidérurgique.
Il est donc nécessaire
de se doter de nouveaux moyens
de régulation.
La phase de concentration
du secteur n’en est
qu’à ses débuts,
pour la FGMM-CFDT, il est essentiel
que cette évolution
s’accompagne
de la mise en place d’instances
de concertation, de négociations
et consultations qui permettent
de réguler tant
au niveau mondial, national
que local,
les décisions stratégiques
prises par les dirigeants
ainsi que leurs impacts
sur les
salariés et
les territoires concernés.
Dans cette optique, les
enseignements du modèle
Arcelor pourraient s’avérer
beaucoup plus utiles
que ceux de Mittal. Encore
faut-il que la dérive
financière actuelle,
entraînant
la limitation
des investissements structurels
ainsi que des
efforts de rationalisation
excessifs, ne mette pas à mal ce modèle aujourd’hui
cité en exemple.
La FGMM-CFDT refuse tout
modèle
mondial qui ferait que
les conditions sociales
et
environnementales deviennent
les instruments majeurs
de la concurrence
entre les
producteurs.
Toute fusion est prétexte à rationalisations
et restructurations,
avec des conséquences
fortes sur
l’emploi, les outils
industriels, les bassins
concernés, cela
est vrai lorsque la fusion
est librement
consentie, c’est
encore plus vrai lorsqu’elle
n’est pas souhaitée. Ce
sont ces éléments
qui ont amené la
FEM (Fédération
Européenne de
la Métallurgie)
ainsi que
toutes les organisations
syndicales françaises à rejeter
cette fusion. Pour la
FGMM-CFDT tous
les éléments évoqués
ci-dessus ne peuvent
que nous conforter dans
ce refus. Cette OPE, si
elle se réalisait,
serait un très
mauvais coup porté à l’ensemble
des salariés,
qu’ils soient
de Mittal
ou d’Arcelor, ce
serait aussi vrai pour
les entreprises des
deux groupes et des bassins d’emplois concernés.
Source : Fédération Générale
des Mines et de la Métallurgie
Contact général : 01 56 41 50 72 - Fax
01 56 41 50 96
www.fgmm.cfdt.fr - mines-metallurgie@fgmm.cfdt.fr
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