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Transavia.com : Low cost AF = salariés low cost !

Lors de la réunion CCE du 20 novembre 2006, la direction présentait son projet de création, en juin 2007, d’une nouvelle filiale AF moyen courrier « Loisir » - Transavia.com (60% AF - 40% KLM) - sur le modèle de Transavia.com, filiale de KLM. En réalité, il s’agit bel et bien d’une low cost, c’est-à-dire en bon français d’une compagnie à bas coûts ... !

Les arguments d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui

Or, ces derniers mois, le Président Spinetta n’avait cessé de répéter aux élus du CCE, qu’au grand jamais, Air France n’envisageait de créer sa propre low cost . En décembre 2005, Pierre Henri Gourgeon, DG AF, déclarait (un tantinet agacé) : « Pas de low cost chez Air France, on le dit depuis 5 ans, d’ailleurs BA a vendu Buzz, Delta a fusionné sa filiale low cost avec elle -même, etc ...etc ». Un chef d’entreprise c’est comme un politicien professionnel, leurs promesses ne valent que pour ceux et celles qui y croient !
Aujourd’hui, changement radical de cap : AF doit aller sur le marché loisirs car « les compagnies low costs en Europe progressent sur tous les marchés ...dans une situation concurrentielle sur le marché loisirs moyen courrier en France ».

Faut-il « tuer » les compagnies low costs ?

Remettons les pendules à l’heure : les compagnies low costs sont le produit de la déréglementation aérienne mondiale, modèle économique tant vanté par nos dirigeants depuis plus de 20 ans. En conséquence, gémir aujourd’hui sur la concurrence « déloyale » qu’elles génèrent est plutôt paradoxal. Certains à Air France - et parmi eux quelques syndicats - se félicitent déjà de cette déclaration de guerre. Ce n’est pas le cas de SUD Aérien car, dans ces sociétés, travaillent des centaines de salariés. Comme nous n’avons pas voulu la mort d’AOM, d’Air Liberté ou de TAT, nous ne cherchons pas la mort de Ryannair ou d’Easy Jet et surtout pas les centaines de licenciements qui ne manqueront pas d’accompagner les faillites et les dépôts de bilans ! La récente histoire du transport aérien prouve assez que ce sont les salariés les premières victimes des luttes pour l’hégémonie !

Le périmètre d’Air France n’est pas garanti

Déjà, 2 lignes régulières (Naples et Marrakech), actuellement effectuées en moyens propres par AF, sont confiées à la filiale. Qui nous garantit que demain, l’ensemble du moyen courrier et du domestique ne sera pas transféré à la filiale low cost ... et les personnels avec, AF conservant le Long courrier à haute contribution ? Science fiction ? Catastrophisme ? A entendre le PDG pas vraiment : car après avoir assuré que le périmètre de cette future filiale était une « véritable question », il a affirmé aux élus du CCE que « le périmètre était défini et a priori pérenne » .... mais qu’il pourrait « éventuellement évoluer ». Mais, pas de panique, « les organisations syndicales seraient alors consultées » !
Si donc le maintien de l’activité des personnels au sol est loin d’être garanti, ce n’est pas le cas pour celle du PNT ! Air France dit vouloir respecter les accords signés avec les syndicats de pilotes afin de maintenir leurs volumes d’activité en heures de vol. Ce qui est valable pour une catégorie de personnels doit l’être pour toutes !

Low cost AF = conditions de travail et de rémunération low costs

La direction affirme que « pour faire concurrence aux autres compagnies à bas coûts », Air France a besoin d’une « solution performante en matière de coûts » ! Ainsi, au siège kilomètre offert ( SKO ), la future filiale Transavia.com d’Air France coûtera moins cher que la filiale Transavia.com de KLM grâce, entre autres, à des niveaux de salaires inférieurs à ceux de nos collègues néerlandais. « Les conditions d’emploi et de travail seront comparables à celles pratiquées en France sur le marché Loisirs ». Ainsi, pas question pour la direction de confier le traitement et la maintenance des vols à des agents AF : trop chers ! Les 400 créations d’emplois au sol annoncés par Air France à l’horizon 2009 à Orly Sud seront donc des emplois de sous-traitants, sous-payés, même pas rattachés au minimum social de la Convention collective du transport aérien.

Mais attention : le contre modèle social appliqué aux salariés des low costs peut assez rapidement devenir une norme sociale pour Air France ! Dans un premier temps, SUD Aérien mettra tout en œuvre pour que les futurs salariés de Transavia.com ne soient pas victimes de ce moins-disant social, que nous refusons d’accepter comme processus soi-disant inévitable pour une « solution performante en matière de coûts ».



Création de la filiale Transavia.com

Votes des syndicats au CCE du 20 novembre 2006
Conformément au Code du travail, les élus au CCE ont eu à se prononcer sur la création de la filiale low cost. SUD Aérien a été le seul syndicat à voter clairement « CONTRE » pour les raisons que nous venons d’expliquer. La CGT et l’UGICT/CGT ont refusé de voter au prétexte qu’ils n’avaient pas débattu de ce dossier. Le prix spécial « faux-cul » est décerné à tous les autres syndicats qui ont déclaré vouloir voter « OUI mais... » mais comme cela n’existe pas, ils se sont donc...abstenus !

Source : COMMUNIQUE DE PRESSE SUD AERIEN - Bureau national - lundi 27 novembre 2006


Air France crée sa propre compagnie Low Cost !

Alors que le Président Spinetta n’a cessé ces derniers mois d’affirmer auprès des organisations syndicales qu’il était hors de question pour Air France de créer sa propre filiale low cost, y compris en s’appuyant sur des contre exemples donnés par d’autres compagnies européennes, Air France va créer sa propre filiale low cost.
Il s’agit au départ d’une filiale 100 % KLM, Transavia.com dont le modèle économique du transport aérien sur le segment vols loisirs moyen-courriers serait transposé au sein d’une nouvelle filiale, dont la capital serait détenu à 60 % par Air France et à 40 % par Transavia .com.
Il s’agit bien d’une compagnie low cost, même si Air France prend le soin de la qualifier de « compagnie régulière touristique » ! Ainsi, Air France avance bel et bien les arguments de coûts auprès des élus réunis au CCE ce jour : « faire concurrence aux autres compagnies à bas coûts » et « nous avons besoin d’une solution performante en matière de coûts ».
Nous, syndicalistes du transport aérien, nous savons combien la « performance » en matière de coûts signifie des conditions de travail et des rémunérations dégradées pour les salariés concernés.
Sur les aspects sociaux du projet Transavia.com, Air France affirme vouloir s’engager à respecter « les dispositions du droit du travail » qui prévalent en France et que « le personnel sera sous contrat de travail français » : Air France dont le siège, ainsi que celui de la holding Air France-KLM, est basé en France et étant majoritaire dans le capital de sa filiale, ces engagements ... n’engagent à rien puisque nous avons du mal à voir comment il pourrait en être autrement, sauf à ce que la directive Bolkenstein ancienne version s’applique au sein de l’Union Européenne, ce qui ne semble pas être le cas ce jour ... !
Plus sérieusement, Air France annonce que « les conditions d’emploi et de travail seront comparables à celles pratiquées en France sur le marché loisirs » ... ?
SUD Aérien exprime son total désaccord avec la direction d’Air France sur la création d’une filiale low cost, nouvelle étape de la déréglementation sociale dont les salariés font les frais, et mettra tout en oeuvre avec les autres organisations syndicales pour que les futurs salariés concernés ne soient pas victimes du moins disant social, que nous refusons obstinément d’accepter comme processus soi-disant inévitable pour une « solution performante » !

Source : COMMUNIQUE DE PRESSE SUD AERIEN - Bureau national
- lundi 20 novembre 2006

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