Brevet pour les logiciels :
le Parlement européen dit non
11-07-2005
Il n'y aura pas de législation sur la
brevetabilité des inventions par ordinateur.
Le Parlement a rejeté à une très
large majorité: 648 voix pour, 14 contre
et 18 abstentions, la proposition de directive
concernant la brevetabilité des logiciels
mettant fin à trois années de
débat passionné.
Le rapporteur Michel ROCARD (PSE, FR) a expliqué au
préalable que le Parlement étant
divisé sur cette question, tous les
groupes politiques, vu l'issue incertaine du
vote, avaient préconisé un rejet. "Cette
convergence a toutefois une signification:
elle répond au mépris total avec
lequel le Parlement a été traité par
la Commission et le Conseil" a précisé Michel
Rocard en rappelant l'approbation contestée
de la position commune. Ce vote doit clairement
inciter le Conseil et la Commission à mieux
respecter le Parlement à l'avenir. "Un
approfondissement s'impose, ce sujet n'étant
pas mûr" a conclu le rapporteur.
Pour la Commission,
Benita FERRERO-WALDNER a commenté ce vote en expliquant que
les brevets continueront à être
délivrés par les offices nationaux
et par l'Office européen des brevets: "il
n'y aura pas d'harmonisation et un risque d'interprétations
différentes des règles en vigueur".
Mardi, pendant le
débat, le commissaire
Joaquín ALMUNIA a déclaré aux
députés: "Si vous décidez
de rejeter la position commune, la Commission
ne soumettra pas une nouvelle proposition".
L'attention se tourne maintenant vers la directive
sur un brevet communautaire, actuellement en
discussion au Conseil, considérée
par un certain nombre de députés
comme l'instrument législatif approprié pour
aborder la question de la brevetabilité de
logiciel.
Selon les règles de codécision,
le vote négatif d'aujourd'hui signifie
la fin de la procédure législative
et la fin de la directive.
La position commune,
si elle avait approuvée,
aurait permis de breveter les inventions mises
en oeuvre par ordinateur. Cette option avait été préconisée
par les grandes entreprises de logiciel qui
ont fait valoir que les brevets encourageraient
les dépenses de recherche et protègeraient
les inventions européennes de la concurrence
américaine. Au contraire, la directive
a été critiquée par les
défenseurs du logiciel "open source ",
principalement de plus petites sociétés,
qui ont affirmé que le droit d'auteur
protégeait déjà leurs
inventions et qui redoutaient que le brevetage
augmente les coûts juridiques.
Source : europarl.eu.int
|