Nouveau ratio de solvabilité et
normes IAS :
les principales conséquences pour les
banques et leurs clients
12.05.04 - Les banques françaises
sont entrées
dans la dernière phase de préparation
de deux réformes qui constituent des
chantiers d'une ampleur considérable
: - la
mise en place en 2006 du nouveau ratio de solvabilité que
le Comité de
Bâle devrait bientôt publier (1);
- l'adoption par l'Europe des normes comptables
internationales IAS à partir
du 1er janvier 2005.
Les banques françaises ont approuvé,
dès le début des travaux, les
objectifs de ces réformes très
structurantes, qui ont en commun l'ambition
de favoriser le développement économique
au niveau international, en fixant des règles,
applicables par tous les acteurs concernés,
qui permettent de renforcer la sécurité et
la transparence dans la vie économique
et financière.
Ratio de solvabilité :
une gestion plus fine des risques
Le nouveau ratio de solvabilité devrait
répondre à cet objectif : les
recommandations de Bâle renforceront
la stabilité des systèmes financiers
grâce à une meilleure gestion
des risques, un rôle accru des superviseurs
et une communication financière améliorée.
Si le chantier est important pour les banques,
il entraînera aussi des modifications
dans leurs relations avec leurs clients :
Globalement, les exigences
de fonds propres réglementaires (2) ne varieront pas
sensiblement mais la banque devra procéder à une
ré-allocation des fonds propres à chacun
de ses métiers, en fonction de la nouvelle
pondération des risques plus proche
de la réalité économique.
Il en résultera des conséquences
sur le financement du crédit qui sera
plus directement lié aux risques réels
présentés par les clients, sachant
que le coût des fonds propres réglementaires
n'est qu'une des composantes du coût
du crédit.
Norme comptable IAS 39 : des impacts importants
pour les clients
Les normes comptables internationales,
fondées
sur l'approche dite de « juste valeur »,
modifient dans beaucoup de domaines les pratiques
comptables européennes. C'est vrai en
particulier pour la norme IAS 39 sur les instruments
financiers qui aura des impacts importants
non seulement pour les banques mais aussi pour
leurs clients, entreprises et particuliers:
Pour les banques, l'IAS 39 entraînera pour les opérations hors
activités de marché une variation des fonds propres, ce qui implique
une variation du ratio de solvabilité, sans lien avec la réalité économique
; un retraitement des données sera nécessaire pour remédier à cette
difficulté.
Pour leurs clients, l'application
de la valeur de marché à un plus grand nombre
d'opérations bancaires se traduira par
:
- le développement de crédits à taux
variable et à court terme alors que
les ménages français préféraient
jusqu'ici des crédits à taux
fixe et à long terme ;
- une couverture des risques de taux plus difficile,
et plus coûteuse, d'où un possible
transfert de risque vers le client ou une facturation
plus élevée de l'opération.
C'est pourquoi les banques
françaises,
comme les banques européennes, souhaitent
améliorer encore la norme IAS 39 afin
qu'elle prenne en considération les
meilleures pratiques existantes, reconnues
par la Banque Centrale Européenne et
qu'elle n'aboutisse pas à une volatilité artificielle
des bilans et des résultats. C'est ainsi
que pourra être élaboré un
modèle bancaire et financier européen
cohérent, fondé sur des valeurs
de transparence et de sécurité.
(1) Bâle a précisé le
11 mai que la méthode la plus avancée
des mesures de risques (IRBA ) serait reportée
d'un an
(2) Ratio de 8 %, soit 8 de fonds propres pour
couvrir un engagement pondéré de
100
Source : FBF
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