![]() |
![]() |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Les grèves à la SNCF encore une "exception française"Le 9 janvier 2003, les syndicats de la SNCF ont rejeté un projet de protocole d'accord sur "l'amélioration du dialogue social et sur la prévention des conflits". La direction avait demandé une période de concertation de dix jours lorsqu'un risque de conflit est signalé (par écrit) et que les signataires conviennent de faire des efforts pour laisser les discussions se tenir au cours de cette période afin de parvenir à un accord et éviter ainsi le dépôt d'un préavis de grève. Le secrétaire général de la Fédération FO des cheminots, Eric Falempin, a estimé que ce dispositif "touchait au droit de grève". Selon lui, un "texte ne peut pas empêcher les conflits".
Durant les vingt dernières années, la SNCF a connu des centaines de grèves. Voici les grèves les plus importantes depuis 1979 et quelques coûts engendrés : 1979 - grève suivie par environ 90% par les agents de train et conducteurs de route de Lyon-Perrache depuis le 15 novembre, puis ceux de Paris-Sud-Est à partir du 23, et de Chambéry le 24. Suite à l'intervention de la police dans la nuit du 26 au 27, la CFDT appelle à élargir le mouvement à tout le réseau Sud-Est. Du 1er juin 1979 au 30 juin 1980 il y a eu, sans compter les nombreux mouvements locaux ou de réseau, pas moins de 19 grèves : 14 ont concerné l'ensemble du personnel et 5 diverses catégories. Au cours de l'été 1985, trois accidents, les 8 juillet, 3 et 31 août, font 84 morts. La direction de la SNCF, après le changement de son président, décide de soumettre 150.000 agents à un contrôle renforcé des connaissances et des aptitudes. Appelés à un contrôle, les agents de conduite de Chambéry décident de cesser le travail. Parce qu'il n'y a pas de préavis, la grève est déclarée aussitôt illégale. Le mardi 1er octobre, la grève devient quasi-générale dans tous les dépôts rassemblant trois quarts du personnel de la SNCF. 1986 - 8 décembre : le personnel des guichets fait grève à Paris et dans les grandes villes afin de protester contre la suppression de la "prime de saisie sur ordinateur" (sic) ce qui implique une baisse de rémunération de 300 F. 1987 - Le 5 janvier, 90 dépôts sur 94 continuaient la grève. Le trafic est complètement paralysé. 90% des agents de conduite et 70% des sédentaires ont participé à la grève jusqu'au 9 janvier. Entre temps, le "virus" s'est propagé à la RATP et chez EDF. Coût : 20 milliards de francs. 1988 - Automne : grève des transports en Ile-de-France ; coût direct ou indirect : 500 millions de francs. 1995 - 29 novembre : paralysie nationale SNCF (16 décembre reprise progressive) contre le projet de réforme du régime spécial de retraite ; coût quelques milliards de francs. 2001 - Mars / avril : grève générale à la SNCF contre le projet "Cap client" de réorganisation par activité de la SNCF qui, d'après les syndicats, pourrait déboucher sur le démantèlement du service public ferroviaire "à la française". Coût : 1 milliard de francs (145 millions d'euros). Jusqu'à quand les contribuables paieront-ils ? source : IFRAP - D.H. de Société Civile N°23 mars 2003
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||