REVENUS DES MEDECINS SPECIALISTES DONT LES REVENUS SONT BASES SUR UNE MAJORITE DE CONSULTATIONS : ophtalmologues, gynécologues, rhumatologues,
pédiatres, dermatologues, psychiatres

1. Il s'agit des 14 spécialités analysées par la Drees : anesthésistes, cardiologues, chirurgiens (y compris les chirurgiens orthopédistes),
dermatologues, gastro-entérologues, gynécologues, ophtalmologues, ORL, pédiatres, psychiatres (y compris
neuropsychiatres), radiologues, rhumatologues, stomatologues, pneumologues.
2. Il s’agit des actes de radiologie (coefficients Z), des actes techniques non chirurgicaux (coefficients K), des actes techniques
chirurgicaux (coefficients KC) ou des soins conservateurs des médecins (coefficients SCM).
Champ : ensemble des spécialistes ayant perçu au moins un euro d'honoraires au cours de l'année.
Source : fichier SNIR (CNAMTS) et BNC 2035 (DGI-Insee), exploitation Drees.
Les ophtalmologues, gynécologues, rhumatologues,
pédiatres, dermatologues, psychiatres
y compris neuropsychiatres tirent des
consultations (et des visites) la majorité de
leurs honoraires. La part des actes techniques
(radiologie, chirurgie ...) dans les honoraires
qui va de 26 à 46 %pour les ophtalmologues,
les gynécologues, les rhumatologues et les
dermatologues (figure 1) est très marginale
(moins de 5 %) pour les pédiatres et les psychiatres
(et neuropsychiatres).
Ces spécialistes tirent de leur exercice libéral
des revenus d’activité plutôt inférieurs à
ceux de leurs confrères réalisant surtout des
actes techniques. Seuls les ophtalmologues
se détachent avec un revenu d’activité libérale
dépassant 100 000 euros en 2003. De
plus, entre 1993 et 2003, le revenu réel d’activité
de ces derniers a progressé davantage
que celui de l’ensemble des spécialistes
(+ 2,2 % par an contre + 1,9 %), tandis que
dans le même temps, les dermatologues
voyaient leur revenu réel d’activité libérale
baisser.
En fait, le rythme de croissance du revenu
réel d’activité libérale des ophtalmologues
s’est accéléré au cours du temps. Pour les autres
spécialistes, le revenu réel d’activité libérale,
après avoir diminué ou stagné, n’a
recommencé à progresser qu’à partir de
2000.
Entre 1993 et 2003, c’est essentiellement le
développement de l’activité qui a entraîné la
croissance du revenu. En effet, celle-ci n’a cessé de croître
tout au long de la période de manière dynamique
pour les ophtalmologues, de plus en
plus rapidement pour les gynécologues et les
pédiatres. L’activité des psychiatres, rhumatologues
et dermatologues n’a repris qu’en
1997 ou 1998 mais à un rythme soutenu. Au
total, entre 1993 et 2003, l’activité a progressé
de plus de 10 %(au moins 1 %par an
en moyenne) pour chacune des spécialités,
et même de 31 % pour les ophtalmologues
(soit 2,8 % par an).
En revanche, l’évolution des tarifs réels
(n. c. les dépassements) a été très faible voire
même négative. Les revalorisations tarifaires
prises en 1994 et 1995 ont juste permis de
compenser la hausse générale des prix. Depuis,
aucune revalorisation tarifaire n’est intervenue.
Les tarifs ont donc connu une évolution
réelle à la baisse et pesé sur la progression des
revenus en terme constants. Toutefois, le revenu
réel d’activité libérale des psychiatres a été
soutenu par l’évolution de leurs tarifs jusqu’en
1999. Les tarifs réels de cette spécialité ont effectivement
augmenté sous l’effet de la restructuration
des consultations vers des actes
plus rémunérateurs : plus de consultations
psychiatriques et moins de consultations de
spécialistes.
Par ailleurs, l’accélération de la croissance
des dépassements à partir de 2000 a également
favorisé la progression du revenu réel
d’activité libérale de ces spécialités sur la fin
de la période d’autant plus qu’ils constituent
une part importante des honoraires. En
2003, les dépassements représentent de
13 % (pour les psychiatres) à 26 % (pour les
gynécologues) des honoraires totaux de ces
disciplines.
Les taux de charge ont globalement augmenté
pour toutes les spécialités entre 1993 et
2003. Les charges ont donc davantage pesé
sur l’évolution du revenu d’activité libérale
en 2003 qu’en 1993. Cette évolution est toutefois
différenciée dans le temps : les taux de
charge ont augmenté jusqu’en 2000, à un
rythme toutefois moindre après 1997 (sauf
pour les rhumatologues) puis ils ont diminué.
L’évolution des charges a donc eu un
impact défavorable sur l’augmentation des
revenus réels d’activité libérale sur une
bonne partie de la période. Après 2000, elle a,
au contraire, joué à la hausse avec l’activité
et les dépassements.
SOURCES
Le revenu d’activité libérale des professions de santé résulte de l’application aux honoraires issus
du système national inter régimes (SNIR) de la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs
salariés (CNAMTS) des taux de débours et rétrocession puis des taux de charges, tous deux
issus du fichier des déclarations BNC 2035. Les séries ont été lissées pour faire disparaître l’impact
de l’extension de champ du SNIR en 2000 et synthèse INSEE
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