REVENUS DES MEDECINS SPECIALISTES DONT LES REVENUS SONT BASES SUR UNE MAJORITE D'ACTES TECHNIQUES : radiologues, anesthésistes, chirurgiens, cardiologues, stomatologues, gastro-entérologues, ORL, pneumologues
1. Il s'agit des 14 spécialités analysées par la Drees : anesthésistes, cardiologues, chirurgiens (y compris les chirurgiens orthopédistes),
dermatologues, gastro-entérologues, gynécologues, ophtalmologues, ORL, pédiatres, psychiatres (y compris
neuropsychiatres), radiologues, rhumatologues, stomatologues, pneumologues.
Pour les radiologues, anesthésistes, chirurgiens,
cardiologues, stomatologues, gastro-entérologues, ORL, pneumologues, les
honoraires sont issus à plus de 70 % de la
pratique d'actes techniques (radiologie, chirurgie,
...) (figure 1). Le reste provient des
consultations ou des visites.
Cinq de ces spécialités (radiologues, anesthésistes,
chirurgiens, cardiologues et stomatologues)
ont, en 2003, des revenus
d’activité libérale supérieurs à 99 000 euros,
revenu d’activité libérale moyen des 14 spécialités
suivies par la Drees. Ce sont les
pneumologues qui gagnent lemoins (66 000
euros) et les radiologues qui gagnent le plus
(192 000 euros). Alors que, de 1993 à 2003,
le revenu réel d’activité libérale de l’ensemble
des spécialistes a progressé en
moyenne de 1,9 %par an, celui des radiologues
s’est accru de 3,3 %. Comme eux, leurs
confrères cardiologues et pneumologues ont
vu leurs revenus d’activité libérale en euros
constants augmenter tout au long de ces dix
années, avec une accélération en fin de période.
En revanche, les revenus réels d’activité
libérale des autres spécialistes
(anesthésistes, chirurgiens, gastro-entérologues
et ORL) se sont accrus après avoir régressé
le plus souvent avant 1997.
Entre 1993 et 1997, l’activité a progressé, favorisant la croissance du revenu
réel d’activité libérale des huit spécialités « Effet volume-effet prix » - page 66).
En revanche, les tarifs moyens ont connu des
diminutions en monnaie constante et les
gains d’activité n’ont pas toujours compensé
cette perte. Les charges ont également pesé
sur l’évolution des revenus d’activité libérale,
sauf pour les radiologues. Enfin, la
hausse des dépassements a permis de limiter
la réduction des revenus réels d’activité
libérale pour les anesthésistes, les chirurgiens
et les ORL.
Entre 1997 et 2000, les tarifs réels ont continué
à régresser et à tirer les revenus d’activité
libérale à la baisse (sauf pour les
cardiologues). Mais l’activité, hormis pour
les chirurgiens, a retrouvé un dynamisme
suffisant pour faire plus que compenser cette
érosion des tarifs réels. De plus, en 1997,
s’est ébauché un mouvement général de
hausse des dépassements qui a lui aussi tiré
les revenus réels d’activité libérale à la
hausse. Par contre, les taux de charge, en
continuant de croître, à un rythme certes
moindre qu’au cours des années antérieures
(sauf pour les stomatologues), ont eu un impact
défavorable.
À partir de 2000, pour les spécialités pratiquant
un nombre élevé d’actes techniques,
toutes les composantes du revenu réel d’activité
libérale, à l’exception des tarifs, ont
contribué à l’amélioration de celui-ci. En effet,
les huit professions ont connu une activité
très dynamique et les taux de charge se
sont réduits sauf pour les chirurgiens. De
plus, le rythme de croissance des dépassements
s’est accéléré pour certains. Les tarifs
réels se sont, en revanche, fortement infléchis,
certains tarifs conventionnels ayant été
revus à la baisse en 2000.
En conclusion, la croissance des revenus réels
d’activité libérale des spécialistes entre 1993 et
2003 a été fortement influencée par le éveloppement
de leur activité en particulier sur la fin
de la période. Les évolutions des tarifs
moyens et des charges l’ont en revanche
freinée, fortement en début de période pour les
charges, de manière continue pour les tarifs et
encore plus nettement sur les dernières années.
Par ailleurs, le rôle des dépassements a été
important pour certaines professions.
SOURCES
Le revenu d’activité libérale des professions de santé résulte de l’application aux honoraires issus du système national inter régimes (SNIR) de la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) des taux de débours et rétrocession puis des taux de charges, tous deux issus du fichier des déclarations BNC 2035. Les séries ont été lissées pour faire disparaître l’impact de l’extension de champ du SNIR en 2000 et synthèse INSEE