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Le mariage inévitable de la téléphonie et des réseaux locaux Acteurs de la téléphonie et des réseaux locaux s'entendent pour interfacer leurs produits. En toile de fond, Novell et Microsoft s'affrontent à coup de standards. Reste à voir si l'utilisateur mordra à l'hameçon de l'intégration voix-données. Le monde silencieux des réseaux locaux s'apprête à sombrer sous les décibels des applications téléphoniques. Les ténors du marché PBX (Alcatel, ATT, Ericsson, Siemens, Northern Telecom...) menacés par l'abordage des commutateurs multiservices ATM cherchent à jeter l'ancre dans les profondeurs fertiles des réseaux locaux. Ils reçoivent dans cette entreprise l'hospitalité de Novell qui leur ouvre NetWare, comme port d'attache. Petits et gros acteurs du téléphone sont tous invités à décharger leurs cargaisons d'informations vocales ou de fax sur ce système d'exploitation réseau. A condition toutefois de respecter la même procédure d'accès nommée CSTA (Computer Supported Telephony Applications). A l'image des drivers d'imprimantes, chaque PBX, carte vocale ou automates d'appels, se verra doté de cette interface normalisée. A travers ces passerelles logicielles une station cliente NetWare opère tel un téléphone intelligent. Et par cette substitution le combiné téléphonique traditionnel se trouve relégué au rang de simple haut parleur. Après maintes répétitions, cette nouvelle orchestration téléphonique devrait consolider un peu plus l'autorité de Novell dans l'univers Lan (Local Area Network). Une position également convoitée par Microsoft, dont les velléités sur le marché téléphonique couvent sous l'appellation TAPI (Telephony Application Programming Interface), une technologie mise au point en collaboration avec Intel. La téléphonie représente d'ailleurs un potentiel prometteur pour des applications "données" à bout de souffle. Poussée par Microsoft mais surtout Novell, la mixture voix-données ne peut que prendre forme. Cinq applications téléphoniques plus ou moins innovantes A l'évidence, une messagerie unifiée
s'impose comme la première pierre de l'édifice
CTI (Computer Telephony Intégration). Ramené la
voix et les documents télécopiés
dans une boîte aux lettres réservée
jusqu'alors aux seuls textes, ouvre de nouvelles
perspectives de communication. Une fois regroupés
ces trois médias sont plus faciles à fusionner
ou à disjoindre. Enrobée d'un environnement
graphique, leur manipulation revient à un
jeu d'enfant. Imaginer l'exemple d'un message vocal
numérisé à retransmettre vers
un tiers, avec une annotation textuelle personnelle.
En cliquant sur ce texte puis sur l'opérateur "+" suivi
du message vocal et du bouton "=", l'expéditeur
peut réexpédier l'ensemble sur une
autre boîte aux lettres du réseau. Lors
du démarrage de son PC, le destinataire consultera
ce courrier mixte sans avoir à manier le clavier
de son téléphone. Autre exemple, en
sélectionnant le bouton "=" puis
l'icône "modem" ou "fax",
notre message mi-voix, mi-données s'envole
cette fois-ci sous forme de texte vers une destination
extérieure. Les obstacles culturels à l'intégration voix-données Les utilisateurs prétexteront la complexité,
les temps de réponses exécrables, le
manque de fiabilité de la nouvelle application
téléphonique, pour s'accrocher à leur
bon vieux téléphone. Les tenants de
la téléphonie, responsable des services
généraux attiseront ce mécontentement,
pour conserver jalousement leur responsabilité.
D'autant que certains d'entre eux entretiennent des
relations plus que privilégiées avec
les installateurs. Ils n'auront pas de mal à convaincre
des dirigeants heurtés par la fusion voix-données,
habitué à une gestion budgétaire
cloisonné de ce poste et méfiant vis à vis
des solutions mono-fournisseur. Lorsque la téléphonie
intègre le service informatique, elle n'en
demeure pas moins isolée du réseau
de données. Et même dans l'esprit des
responsables télécoms les plus entreprenants,
l'intégration voix-données se réalise
surtout en aval pour optimiser les lignes de transmission.
Face à des usages aussi bien ancrés,
le chantier d'intégration téléphonique
demandera beaucoup de persuasion. En plus de cet
héritage culturel, les vendeurs de solutions
voix-données se heurteront aux vieux PABX
en fonction, incapables de suivre le mouvement d'intégration.
Remplacer ces équipements habitués à un
cycle de vie deux à trois fois plus long que
celui d'un réseau informatique tient du challenge
commercial. En outre, les vendeurs de PBX ne désespèrent
pas d'intégrer le traitement des données
au sein même de leur autocommutateur. Une telle
ambition concurrence de plein fouet le concept CTI
auquel ils adhèrent. Enfin, coté réseau
local il n'est pas sûr que la voix soit acceptée
si facilement. A l'échelle de centaines d'utilisateurs
le surcroît de trafic engendré par les
appels téléphoniques obligera à gonfler
la puissance du réseau local, voire à modifier
sa topologie. Au prix d'un tel changement, le responsable
réseau préférera peut être
attendre l'intégration de service au niveau
physique promise par ATM, plutôt que de continuer à jongler
avec un monstre à deux têtes PBX d'une
part et réseau local de l'autre. Source : Costkiller.net |
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