Rémunération des comptes
de dépôt : pas forcément une bonne
affaire
MERCREDI 20 AVRIL 2005 -
L’annonce par les caisses d’épargne
de leur intention de rémunérer les comptes
de dépôt a eu une large couverture dans
la presse écrite et audiovisuelle. Pour une
fois les représentants du personnel en avaient été préalablement
informés au comité de groupe du 12 avril.
Mais au-delà de ce coup de pub, est-ce vraiment
une bonne affaire ?
L’intérêt financier de
ce scoop médiatique apparaît à l’évidence
limité à l’œil attentif de
l’employé de banque, mais de nombreux
clients moins avisés pourraient s’y laisser
prendre. La rémunération du compte chèque
sera de 0.5% par an jusqu’à 2500 euros
et 1% au-delà. Or l’encours moyen journalier
des comptes chèques caisses d’épargne
est de 1340 euros, soit une rémunération
annuelle brute de 6,70 euros par an. Et comme il aura
fallu souscrire un forfait (package) de plusieurs dizaines
d’euros ...cette rémunération symbolique
risque donc d’être un leurre particulièrement
pour les clients modestes. La rémunération
pourra être accessible hors package mais... contre
tarification dans tous les cas.
Les caisses d’épargne ne prévoient
pas de faire payer les chèques en contrepartie,
mais les tarifications bancaires déjà existantes
et le prix des packages souscrits suffiront à rentabiliser
le dispositif, sans « augmentation sauvage » de
la tarification existante précise le groupe
Caisse d‘Epargne. Donc de toute façon, ça
reste une bonne affaire... pour les caisses.
Mais ce sera une « autre affaire » pour
les salariés : ils auront à vendre 250.000 « forfaits » avec
tarification d’ici la fin de l’année
pour rentabiliser l’opération ! l’objectif
avoué est de gagner des parts de marché sur
le Crédit Agricole et de se positionner avant
l’arrivée sur le marché de la future
Banque Postale. Pression commerciale et stress en perspective
pour le personnel. En attendant d’emboîter le pas des Caisses
d’Epargne sur la rémunération des
comptes courants, les autres mutualistes et les banques
AFB rappellent aux pouvoirs publics qu’elles
contestent toujours le monopole de distribution du
livret A.
Source : CFDT Banque
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