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Les opérateurs jouent la carte VSAT A l'ombre d'une réglementation télécom européenne encore trop rigide prospèrent lentement les antennes des réseaux VSAT. Sous l'impulsion d'opérateurs de plus en plus nombreux sur le marché français. Au sein d'une Europe des télécommunications à forte dominante monopolistique, les réseaux VSAT apparaissent comme le seul support concurrentiel crédible.Contre toute attente, la possibilité offerte, depuis le 1er janvier, de revendre des liaisons louées à des tiers, a suscité peu d'engouement. Cette indifférence générale pour les services supports se remarque d'autant plus que la liste des opérateurs présents sur le sol français s'allonge. Ces derniers, trop impatients d'attendre une véritable libéralisation de l'infrastructure filaire, s'intéressent de plus en plus aux réseaux VSAT. Ils ont été précédés dans cette démarche par bon nombre d'entreprises à caractère multinational, soucieuses de s'affranchir des contraintes administratives et du coût prohibitif des liaisons spécialisées internationales. Les opérateurs VSAT attendent le guichet unique Un recensement récent de la commission européenne chiffre le parc de VSAT au sein des douze, à 8 500 stations unidirectionnelles et 2 000 terminaux interactifs. Bien qu'en progression, ces chiffres restent modestes, en comparaison des 60 000 stations installées aux Etats-Unis. Il est vrai que le ciel américain est ouvert à la concurrence depuis déjà 20 ans. Malgré l'amorce d'un marché unique, le vieux continent traîne encore le boulet de réglementations disjointes non harmonisées. L'absence de guichet unique pour obtenir une licence EC (European Communauty), ajoutée à un agrément des terminaux, spécifique à chacun des Douze, constituent les principaux freins au développement des VSAT européens. Sur les bases de la réglementation actuelle, l'étude de la commission estime que le parc européen de VSAT stagnera à 40 000 unités à la fin de cette décennie. Elle conclut qu'une procédure communautaire plus libérale doperait le marché qui pourrait atteindre 140 000 terminaux, au cours de la même période. Pour motiver une future déréglementation, la commission européenne appuie son argumentation sur le coût compétitif de réseaux VSat et sur la croissance du marché des télécommunications à l'Est. Sur l'exemple d'un réseau d'entreprise de 8 000 sites, elle estime le budget d'une infrastructure VSAT à 151 millions de $ contre 242 millions de $ pour un support filaire. L'Est et la concurrence comme vecteur de croissance L'ouverture de l'Europe de l'Est se révèle être le catalyseur des réseaux VSAT occidentaux. Le leadership allemand dans ce secteur s'explique par les investissements massifs effectués dans la technologie VSAT pour pallier le réseau filaire déficient de l'ex-RDA. Parmi les quatre premiers opérateurs de réseaux VSAT interactifs, trois sont, en effet, d'origine germanique: ANT Telecom, Teleport Europe et surtout Deutsche Telekom. Fort de 332 stations interactives et de 400 terminaux unidirectionnels, l'opérateur public allemand se classe comme le premier fournisseur de services VSAT en Europe. Profitant de leur avance, les opérateurs germaniques ont entrepris de concurrencer France Télécom sur son propre territoire. Ils sont rejoints par des Américains comme MCI et Scientific Atlanta et des Européens tels Unisources et British Telecom. Pour ces derniers, les réseaux VSAT représentent le seul moyen de contourner les restrictions réglementaires filaires et de s'affranchir des frontières. Un marché à l'échelle de la planète Le marché est à l'échelle de la planète, immense. Et à l'image des applications existantes. La cible VSAT couvre toutes les activités à forte proportion d'unités décentralisées. La «Sécurité sociale» italienne est ainsi le principal utilisateur de services VSAT interactifs. Viennent ensuite le constructeur automobile Renault avec son réseau de concessionnaires allemands, la banque BCP et le groupe Bosch. En mode unidirectionnel, la chaîne de pari mutuel William Hill arrive en tête des applications. Les VSAT lui permettent d'inonder d'informations son réseau de bureaux de PMU. L'Agence France Presse arrive en deuxième position. Elle est suivie par son concurrent Reuters, la Bourse suédoise, l'opérateur anglais de radiomessagerie Hutchison et le constructeur Volkswagen. Ajoutons, que l'opérateur français Polycom, pionnier du secteur, offrira un système VSAT à la nouvelle agence de presse tchèque CSTK. En résumé, la demande d'un guichet unique, un marché stimulé par les besoins de communiquer à l'Est, des liaisons louées encore sous monopoles constituent autant de facteurs susceptibles de rendre compétitifs les services VSAT. Mais, la prudence est de mise, car plane la menace de la libéralisation des réseaux indépendants. En outre, une baisse probable du prix de vente de l'intervalle temps (IT), provoquée par les hauts débits ATM, risque de reléguer les VSAT parmi les accessoires de la transmission. |
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