Le
travail le dimanche généralisé dans
les centres d’appel !
Paris, le 13 avril 2005 - Un décret
régularisant
le travail le dimanche pour les centres d’appel
est sur le point d’être adopté !
Ce décret,
annoncé par Jean-Louis
Borloo en décembre 2004, a été examiné hier
par le conseil d’état. Il permettra
tout simplement d’inscrire
les centres d’appel dans la liste des
dérogations de plein droit au repos
dominical ! Officiellement cette mesure de
banalisation du travail le dimanche est
présentée pour lutter
contre les délocalisations
: le ministre de la « cohésion
sociale » souhaitait ainsi « rénover » les centres
d’appel !
La
réalité est évidemment
toute autre : -
la majorité des centres d'appels
sont déjà aujourd'hui ouverts
le dimanche car il leur suffit d'avoir une autorisation
préfectorale, facilement
obtenue par ailleurs. -
d’autres sont ouverts sans autorisation
mais sans problème aussi la plupart
du temps. Le
décret a pour objectif clair une
remise en cause du code du travail qui conduira à une
dégradation supplémentaires
des conditions de travail des centaines de
milliers de salarié-es
téléopérateurs et téléopératrices.
Ainsi pourra t-on sans problème les
obliger à travailler
le dimanche (un jour comme un autre)
sans majoration ou compensation particulière,
en détériorant ainsi encore
plus leurs conditions de vie.
Le patronat en rêvait : Borloo l’a
fait !
Pour combattre l’arme de la délocalisation
que le patronat agite cyniquement devant
chaque
mouvement revendicatif sur les plates-formes
d’appel, les salariés marocains,
tunisiens ou sénégalais doivent
avoir les mêmes droits sociaux
que les salariés européens.
Pour éviter tout licenciement
consécutif à une délocalisation,
tous les salariés doivent être
reclassés dans le groupe ou chez le
donneur d’ordre. Quant au label social des centres d'appels
lancé également par Borloo,
il permettra sûrement aux patrons des
centres d'appels de se "vendre mieux" après
des entreprises qui utilisent leurs services
mais ne garantira
rien aux salariés. Un
vrai label social aurait eu pour objectif
d’obliger tous les patrons des centres
d'appels et notamment les
sous-traitants à respecter le
code du travail, appliquer les conventions
collectives, responsabiliser les donneurs
d'ordres en cas de fin de contrat avec leurs
sous-traitants, d’améliorer
les conditions de travail et d’augmenter les salaires. Nous sommes
loin du compte !
Source : Sud PTT
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